APPEL À CONTRIBUTIONS - ARCHITECTURES RELIGIEUSES EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : FORMES, CIRCULATIONS, MÉMOIRES ET PATRIMOINES (XIXE-XXIE SIÈCLE)

Du 3 juin 2026 au 31 août 2026

APPEL À CONTRIBUTIONS

ARCHITECTURES RELIGIEUSES EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : FORMES,
CIRCULATIONS, MÉMOIRES ET PATRIMOINES (XIXE-XXIE SIÈCLE)

Direction de l’ouvrage : Laurick Zerbini, Université Lumière Lyon 2, LARHRA (UMR 5190), Maîtresse de conférences HDR en histoire des arts d’Afrique subsaharienne

Comité scientifique : 
Melvina Afra Mendes de Araújo, Professeure associée d’anthropologie, Université Fédérale de São Paulo, Brésil
Édouard Coquet, Maître de conférences en histoire contemporaine, Sorbonne Université
Zeynep Bursa, Maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Université Lumière Lyon 2
Philippe Martin, Professeur d’histoire moderne, Université Lumière Lyon 2
Éric Morier-Genoud, Professeur d’histoire africaine, Queen’s University Belfast
Claude Prudhomme, Professeur honoraire d’histoire contemporaine, Université Lumière Lyon 2
Abdourahmane Seck, Professeur d’anthropologie historique, Université Gaston Berger, Sénégal

PRÉSENTATION DE L’OUVRAGE

L’architecture religieuse constitue l’une des dimensions les plus visibles de l’histoire du bâti en Afrique subsaharienne, tout en demeurant encore trop rarement abordée comme un objet d’étude autonome. Des mosquées de terre du Sahel aux ensembles missionnaires du XIXe siècle, des cathédrales urbaines du XXe siècle aux temples protestants et aux mégachurches contemporaines, des grandes mosquées financées par les États ou par des réseaux transnationaux aux nouveaux lieux de pèlerinage, les édifices religieux ont joué un rôle décisif dans la structuration des territoires, des
centralités urbaines et des imaginaires collectifs.

Ces édifices ont souvent été étudiés de manière fragmentée : par l’histoire religieuse, attentive aux missions, confréries ou réformes ; par l’anthropologie, centrée sur les pratiques rituelles ; par l’histoire coloniale ou urbaine, où elles n’apparaissent qu’en arrière-plan. Rares sont encore les travaux ayant envisagé conjointement, sur la longue durée, les architectures chrétiennes et musulmanes en Afrique subsaharienne dans une mise perspective croisée. Cet ouvrage entend donc considérer le religieux bâti comme un champ d’analyse à part entière, au croisement de l’histoire de
l’architecture, des études religieuses, de la géographie culturelle, de la sociologie urbaine et des études patrimoniales.

L’hypothèse directrice du volume est que, du XIXe au XXIe siècle, les édifices religieux en Afrique subsaharienne ne sont pas de simples cadres matériels du culte. Ils participent à la diffusion, à l’adaptation et à la recomposition de modèles, de techniques et de savoir-faire entre l’Afrique, l’Europe, le Maghreb et le Moyen-Orient. Instruments de pouvoir, supports de mémoire et marqueurs territoriaux, ils jouent un rôle essentiel dans les dynamiques de visibilité urbaine, de concurrence
confessionnelle et de construction identitaire.

L’un des enjeux de ce volume réside également dans l’attention portée au bâti religieux et aux processus de patrimonialisation, entendus comme les modalités selon lesquelles un objet, un lieu ou une pratique accède à une valeur patrimoniale. Une église missionnaire du début du XXe siècle, une mosquée ancienne reconstruite en béton, un temple protestant désaffecté, une cathédrale coloniale encore en usage ou une mégachurche récente peuvent ainsi relever, à des degrés divers, de ces
dynamiques. La question n’est donc pas seulement de savoir ce qui est ancien, mais de comprendre ce qui se maintient comme trace, se rend visible ou s’inscrit dans un régime de reconnaissance patrimoniale.

Cette perspective conduit à déplacer les catégories classiques du patrimoine. Dans de nombreux contextes africains, les édifices religieux ne sont pas des monuments figés : ils demeurent des lieux d’usage intense, de transformation continue et parfois de reconstruction. Ils relèvent ainsi d’un patrimoine vivant, tandis que d’autres peuvent susciter des rejets ou des contestations lorsqu’ils renvoient à des mémoires douloureuses. L’Afrique subsaharienne offre, à cet égard, un terrain fécond pour repenser les cadres hérités des études patrimoniales, longtemps centrées sur les expériences européennes. Là où l’Europe a souvent associé patrimoine et ancienneté monumentale, de nombreux contextes africains invitent à penser simultanément la valeur du récent, du transformé, du reconstruit et du vécu. Le patrimoine y apparaît moins comme un ensemble de vestiges que comme une ressource active, continuellement réélaborée.

L’ouvrage accordera une attention particulière aux processus d’appropriation et de réinterprétation locale des modèles importés, aux usages politiques et urbains du religieux bâti, ainsi qu’aux dynamiques contemporaines de patrimonialisation, de conservation, de contestation ou de reconversion. Il s’intéressera également aux patrimoines religieux en devenir, qu’il s’agisse de grandes cathédrales récentes, de mosquées monumentales, d’auditoriums pentecôtistes ou de campus évangéliques.

L’approche retenue se veut comparée et interconfessionnelle, en croisant christianismes catholique, protestant, évangélique et pentecôtiste, ainsi que traditions islamiques anciennes et recompositions contemporaines. L’ambition de ce volume est ainsi de faire des architectures religieuses un observatoire des transformations sociales, politiques et culturelles de l’Afrique subsaharienne du XIXe au XXIe siècle.
 
Axes de réflexion : 
1. Héritages, implantations et circulations religieuses
Ce premier axe examinera les conditions historiques, matérielles et politiques de l’implantation des architectures religieuses en Afrique subsaharienne du XIXe au début du XXe siècle. Il pourra s’attacher aux formes et continuités architecturales islamiques, à l’arrivée des missions chrétiennes et aux premiers transferts de modèles bâtis. Les contributions pourront également interroger le rôle des matériaux locaux, des techniques importées, des artisans, des maîtres d’œuvre africains, ainsi que les relations entre architecture religieuse et pouvoir colonial.

2. Adapter, traduire, africaniser
Ce deuxième axe s’intéressera aux processus d’adaptation culturelle, liturgique et formelle qui ont marqué les architectures religieuses entre les années 1920 et 1980. Il s’agira d’examiner les débats sur l’inculturation, les recherches d’une esthétique chrétienne africaine, les réformes et modernismes islamiques, ainsi que les expérimentations propres aux Églises indépendantes africaines, aux protestantismes missionnaires et aux traditions confrériques. Les contributions pourront analyser les
hybridations issues de la rencontre entre normes religieuses globales et contextes locaux.

3. Religion, pouvoir et monumentalités contemporaines
Ce troisième axe portera sur les transformations récentes des architectures religieuses depuis les années 1980. Il s’agira d’analyser l’essor des grands programmes religieux contemporains, la visibilité accrue des édifices, les logiques de concurrence confessionnelle et les recompositions urbaines liées aux nouveaux lieux de culte. Les contributions pourront porter sur les cathédrales nationales, les grandes mosquées présidentielles, les mégachurches, les auditoriums évangéliques, les financements transnationaux, ainsi que sur les usages médiatiques et technologiques du religieux bâti.

4. Patrimoines, mémoires et devenirs du religieux bâti
Ce dernier axe interrogera la manière dont les architectures religieuses deviennent patrimoine, à travers les classements, les restaurations, les reconversions ou les abandons dont elles font l’objet. Il pourra porter sur les missions anciennes patrimonialisées, les mosquées historiques restaurées, les sanctuaires christianisés ou mis en patrimoine, les ruines et réaffectations, ainsi que sur les conflits de mémoire liés à la colonisation, aux évangélisations imposées ou aux controverses interreligieuses.

Les propositions pourront également s’intéresser aux archives, à la numérisation et aux politiques contemporaines de conservation.

Types de contributions attendues : 
Les propositions pourront porter sur un édifice, un ensemble religieux ou un site d’étude inscrit dans un contexte local, urbain ou régional. Elles pourront également adopter une perspective transnationale. Les enquêtes de terrain, les travaux d’archives, les analyses visuelles et les approches patrimoniales seront particulièrement appréciés.

Langues : Français et anglais
Format de l’ouvrage : environ 300 pages.
Format des contributions : 25 pages (bibliographie comprise), soit environ 75 000 signes caractères compris.
Modalités de soumission : Les auteurs et autrices intéressé·es par cet appel sont invité·es à faire parvenir leur proposition à laurick.zerbini@gmail.com au 31 août 2026. Merci d’indiquer dans l’objet du message : « Architectures religieuses en Afrique subsaharienne »

Les propositions comprendront :
- un titre provisoire ;
- une intention d’article (2 pages maximum, bibliographie indicative comprise) ;
- une courte notice biobibliographique (5 lignes maximum).

Calendrier :
31 août 2026 : date limite de réception des propositions
30 novembre 2026 : sélection des articles et retour aux auteurs/autrices
28 février 2027 : réception des versions finales des articles
27 mars 2027 : envoi des avis du comité scientifique
30 avril 2027 : réception des versions finales corrigées
15 mai 2027 : envoi du manuscrit à l’éditeur