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Nicolas
GUYARD

Doctorant au LabEx COMOD de sept. 2014 à août 2017.

Discipline(s) enseignée(s)

Titre de la thèse : « Reliques et espaces urbains. Lyon, Metz, Rouen et Toulouse, des réformes à la restauration ».

Mots clés : reliques, Lyon, Metz, Rouen, Toulouse, époque moderne, catholicisme, iconoclasme, processions, dons, identité urbaine

Résumé : À la fin de l’époque médiévale, les reliques sont un objet omniprésent dans le monde chrétien, particulièrement dans les églises urbaines. Les critiques puis destructions protestantes au cours du XVIe siècle constituent une première période de crise, conclue par un réinvestissement important de la réforme catholique. Ces premiers bouleversements ont plusieurs conséquences. Les reliques sont désormais l’objet d’une gestion de plus en plus rationnelle, que ce soit dans leur recension ou dans leur situation dans l’espace ecclésial. Car jusqu’à la Révolution française, les églises de Lyon, Metz, Rouen et Toulouse reçoivent d’innombrables corps saints, souvent en provenance de Rome, accompagnant la multiplication des couvents en ville. Les reliques sont données par des laïcs et des membres du clergé dans des visées autant religieuses que sociales. Les cérémonies de translations traduisent un catholicisme triomphant.
Certains corps saints, souvent issus du panthéon local, prennent à cette époque une valeur identitaire et patrimoniale. Ils sont considérés comme les protecteurs de la cité, au cœur d’une relation spécifique entre les villes et le monde divin. Ces corps saints sont particulièrement utilisés lors des périodes de crises urbaines, qu’elles soient épidémiques, naturelles ou encore politiques. Les reliques sont également régulièrement mobilisées dans les Histoire de ces quatre villes pour souligner et illustrer leur élection divine. Ces liens entre villes et reliques se distendent à partir du XVIIIe siècle, sous l’effet de l’essor d’une critique historique et philosophique. La Révolution française entérine ce changement, malgré des tentatives de restauration sacrale. D’objets chrétiens, les corps saints deviennent des objets confessionnels au XVIIe siècle, puis, à partir du XIXe siècle, des objets militants.

Title: “Relics and urban territories. Lyon, Metz, Rouen and Toulouse, from Reformation until Restauration”


Key words: Relics, Lyon, Metz, Rouen, Toulouse, early modern period, Catholicism, Iconoclasm, processions, gifts, urban identity

Abstract: During the Late Medieval Period, relics are a very common object in the Christian World and in urban churches. Protestant criticisms and destructions during the 16th century were a first crisis ended by a catholic reinvestment. These disruptions transformed relics into a more rational object, with systematic inventories and new localisations inside churches. Until French Revolution, churches of Lyon, Metz, Rouen and Toulouse received countless relics, mostly from Rome, to support the foundation of new urban convents. Laymen and clerics gave relics to improve their social and religious status. Ceremonies of translation showed a Catholicism that had triumphed again.
Some relics got an identity and heritage value. They became the protectors of the city with a specific relationship between citizens and the Divine world. These relics are often used during urban crises like epidemics, natural disasters and political crisis. The History of the towns also used relics as evidence and illustration of urban Sanctity. These links became slack during the 18th century because of historical and philosophical criticisms. French Revolution confirmed this evolution, despite attempts of sacral remediation. From Christian objects, relics became confessional objects and from the beginning of the 19th century onwards, militant objects.

Informations complémentaires

Publications :

1) Articles scientifiques

 Nicolas Guyard et Caroline Muller, « Croire et ressentir : pour une approche du fait religieux à travers les émotions », Mélanges de l’École française de Rome – Italie et Méditerranée modernes et contemporaines, 18-2, 2016.
 Nicolas Guyard, « Sanctifier le cloitre. Les dons de reliques aux carmélites de Lyon et Rouen à l’époque moderne », Archives des Sciences Sociales des Religions, n°177, 2017, 293-312.
 Nicolas Guyard, « Le Capucin roublard et les reliques. Obtention et don de reliques à la fin du XVIIe siècle », Études franciscaines, Nouvelles Série, 11, 2018.
 Nicolas Guyard et Caroline Muller (dir.), Les Sources du sacré. Nouvelles approches du fait religieux, Lyon, Chrétiens et Sociétés « Documents et mémoires », à paraitre.
 Nicolas Guyard et Caroline Muller, « introduction » dans Nicolas Guyard et Caroline Muller (dir.), Les Sources du sacré. Nouvelles approches du fait religieux, Lyon, Chrétiens et Sociétés « Documents et mémoires », à paraitre.
 Nicolas Guyard, « Les reliques à l’époque moderne. Objets, pratiques et dévotions », dans Nicolas Guyard et Caroline Muller (dir.), Les Sources du sacré. Nouvelles approches du fait religieux, Lyon, Chrétiens et Sociétés « Documents et mémoires », à paraitre.


2) Actes de colloque

 Nicolas Guyard, « Un essai de normalisation. Diffusion et réception des reliques des catacombes. L’exemple de Lyon au XVIIe siècle », HMC, 38, 2016, p. 67-85.
 Nicolas Guyard, « « Calamnitez extremes » et culte des reliques. Les catholiques face aux aléas climatiques en France au XVIIe siècle », HMC, 40, 2016, p. 13-25.
 Nicolas Guyard, « Identité urbaine et fêtes d’obligation à Lyon au XVIIIe siècle » dans Philippe Desmettes et Philippe Martin (dir.), Orare aut laborare ? Fêtes de précepte et jours chômés du moyen âge au début du XXe siècle, Villeneuve d’Ascq, 2017, p. 143-158.
 Nicolas Guyard, « Les reliques de sainte Germaine de Pibrac », dans Jean-François Galinier-Pallerola (éd.), Sainte Germaine de Pibrac. Actes du colloque pour le 150e anniversaire de la canonisation de sainte Germaine de Pibrac, Paris, Parole et Silence, 2018, p. 59-78.