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Une archéologie de la douleur

Présentation du projet

Ce projet porte sur la douleur et ses représentations philosophiques, littéraires et médicales à l'époque Moderne. Il s’attachera de façon privilégiée au début de notre modernité (16e-18e siècles) mais ambitionne, au-delà, d’interroger nos perceptions actuelles de la douleur. A l’issue de plusieurs journées d’étude communes à l’IHRIM, au S2HEP, au LARHRA et au laboratoire HiSoMa, le projet donnera lieu à une conférence et à une exposition publique, dans le cadre de la Fête de la science, auprès d’un public élargi.

Le projet comportera trois volets thématiques :


1/ La question de l’empathie et de la douleur de l’autre : comment reconnaît-on la douleur d’autrui et comment y réagit-on ?

2/ La place de la douleur dans les essais cliniques sur les êtres humains et dans les expérimentations sur les animaux

3/ Le rôle de la douleur dans l’identification du corps propre : en quoi est-ce la sensation de douleur qui nous révèle que nous ne faisons qu’un avec notre corps, que « nous ne sommes pas en notre corps comme un pilote en son navire » (Descartes) ?

Nos représentations contemporaines de la douleur ont hérité de ces questionnements formulés au début de l’Époque Moderne. On peut même affirmer que notre vécu actuel de la douleur est en partie tributaire de la façon dont elle a été nommée, décrite, maîtrisée voire justifiée à l’Époque Moderne. Il n’y a pourtant que peu d’études sur ces questions, et aucune en langue française qui soit issue de la collaboration d’historiens, philosophes et spécialistes de l’analyse littéraire.

Par une microlecture des différentes descriptions et interprétations de la douleur à l’Époque Moderne, nous souhaitons favoriser un dialogue entre, d’un côté, les travaux théoriques et définitionnels sur l’aspect cognitif de la douleur et sa fonction sensori-motrice, et d’un autre côté, les écrits plutôt ancrés dans la clinique, ou qui s’attachent d’abord au vécu du sujet. Le corpus central privilégié sera en langue française mais dialoguera avec un corpus satellite comprenant des ouvrages latins, italiens, anglais ou néerlandais.